mardi 5 janvier 2010

Sanofi-Aventis : l'année de la transformation

Sous la houlette de son nouveau patron, le champion tricolore de la pharmacie a réalisé 31 opérations l'an dernier et a investi 8,4 milliards d'euros. Il a nettoyé son portefeuille de recherche et annoncé des fermetures de centres. Le mouvement ne s'arrêtera pas en 2010.

L'exercice 2009 a constitué un véritable tournant pour Sanofi-Aventis. Avec pour maître mot la transformation. Sous l'impulsion de Chris Viehbacher, le nouveau directeur général arrivé il y a un an, le champion tricolore de la pharmacie a réalisé pas moins de 31 opérations ! Acquisitions et partenariats se sont succédé à un rythme plus que soute-nu, au point que deux opérations ont parfois été annoncées le même jour. Ce fut par exemple le cas le 14 mai, lorsque le laboratoire a rendu publique l'acquisition de la marque d'OTC (les médicaments sans ordonnance) Gramon en Argentine et un partenariat dans l'immunologie avec le japonais Kyowa Hakko Kirin. Ou encore le 1er octobre, avec un accord de collaboration en cancérologie signé avec l'américain Merrimack, doublé de l'achat du spécialiste français de l'ophtalmologie Fovea. Soit un total de 8,4 milliards d'euros investis en un an.

Cinq axes de croissance ont été définis, qui vont des pays émergents à l'OTC, en passant par le traitement du diabète, les vaccins et les nouveaux médicaments.

Externalisation

Pour voir arriver de nouvelles molécules, le groupe compte de plus en plus sur la recherche externe. Un nouveau credo qui représente la principale rupture avec l'époque précédente, celle du tandem Dehecq-Le Fur. Et qui a trouvé sa réalisation concrète dans la prise de contrôle de l'américain BiPar, une entreprise de biotechnologies spécialisée en oncologie pour laquelle la dépense pourrait aller jusqu'à 500 millions de dollars. Ou encore lors du partenariat signé avec Exelixis, toujours dans le traitement du cancer, où l'investissement risque de dépasser le milliard de dollars.

Dans un mouvement contraire, le portefeuille interne de Sanofi en matière de recherche a été sévèrement passé au crible et près de 20 projets sur 65 ont été arrêtés. Dont plusieurs en phase III d'essais cliniques, la dernière avant la mise sur le marché, et même un en phase d'enregistrement (celle qui aura au final coûté le plus cher), l'éplivansérine, un traitement de l'insomnie. Le groupe a également annoncé au cours de l'année la fermeture de quatre centres de recherche dans l'Hexagone et, à l'étranger, des menaces pèsent sur des sites en Angleterre, en Espagne, aux Etats-Unis et au Japon. Quant au centre de Porcheville, dans les Yvelines, il est en cours de cession. Le mouvement de croissance externe ne devrait pas s'arrêter en 2010, Chris Viehbacher ayant fait part de son vif intérêt pour la santé animale. Sanofi a déjà dépensé 4 milliards de dollars l'an dernier pour acquérir les 50 % de Merial qu'il ne détenait pas encore. Il est désormais prêt à apporter l'activité vétérinaire du groupe à une société commune à 50-50 avec Intervet, le pôle spécialisé de Schering-Plough, et à y consacrer les 750 millions de dollars nécessaires. Le groupe avait cent jours pour exercer son option, à compter du 3 novembre, date de la fusion effective de Merck et de Schering-Plough. Réponse mi-février.

LAURENCE BOLLACK
http://www.lesechos.fr/info/france/300401200.htm

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